L’arche de Noé a été construite par des amateurs alors que le Titanic l’a été par des professionnels, certes. Mais il y a des domaines où il peut être utile d’écouter les conseils des personnes qui en ont une bonne connaissance plutôt que de se fier aux rumeurs qui circulent. Ainsi certaines croyances sont ancrées chez de nombreux candidats et certains employeurs, sans être nécessairement fondées sur des vérités ou des réalités.

1-La meilleure façon de limiter le risque est de recruter quelqu’un qui a fait exactement le même job chez un concurrent

Le vrai potentiel d’un candidat, au-delà de sa formation et de son expérience, dépend de sa personnalité et de sa capacité à s’adapter à un poste et à un environnement. Le recrutement de « clone » fait partie de ces fausses réassurances qui ne prédisent en rien le futur succès d’un recrutement. De manière paradoxale, si la démarche de l’entreprise est un tant soit peu originale, il sera plus difficile pour quelqu’un de faire différemment ce qu’il ou elle a eu l’habitude de pratiquer plutôt que d’apprendre sans a priori une nouvelle démarche. De plus, des évolutions se produisent nécessairement au fil du temps dans la plupart des fonctions, et la capacité à s’adapter à ces changements et la volonté d’apprendre, vont souvent être déterminantes.

 

2-Les bons candidats sont ceux qui ne sont pas candidats :

En fait, de nombreux bons candidats décident qu’il est temps pour eux d’évoluer en dehors de l’entreprise où ils travaillent ou bien ne sont en poste au moment où ils postulent. Leur motivation n’en est que plus forte. Le fait de piloter activement sa carrière devrait plutôt être considéré comme un indice positif.

 

3-Aucun recrutement n’intervient pendant les vacances

La neutralisation du mois d’août en particulier dans l’activité économique en France ne tient plus. Dans une économie mondialisée, des recrutements prennent place comme tous les autres actes des entreprises tout au long de l’année et certains candidats ou sociétés mettent en place une stratégie décalée sur le plan du calendrier afin de bénéficier d’une moindre concurrence.

 

4-L’âge est un critère majeur de recrutement (et souvent de non recrutement)

Sans rentrer dans les enjeux moraux et légaux, pourtant très réels, que posent cette croyance, il convient d’examiner les confusions qui s’y attachent. Des qualités et des défauts sont ainsi attribués a priori en fonction de l’âge des individus alors que chacun peut constater que les personnalités évoluent finalement très peu dans les populations adultes. Certains facteurs d’expérience ont bien évidemment leur importance dans de nombreux postes mais c’est une grande erreur de les corréler directement à l’âge. Nous connaissons tous des énergiques, conflictuels, imprudents de 80 ans et des indolents, diplomates, responsables de 25 ans. L’âge ne peut donc être considéré comme un indicateur comportemental, d’attitudes ou de personnalité.

 

5-Le CV doit impérativement tenir sur une page

C’est une bonne idée d’être synthétique et la page unique a ses mérites en début de carrière. Cependant, la clarté du document est largement compromise lorsqu’on essaye de synthétiser trente années d’expérience riches et variées sur un format non adapté.

Il en est de même pour la sempiternelle question de l’originalité des CV, censée faire la différence. Il faut se rappeler que la raison fondamentale du CV est de présenter de manière claire les éléments factuels liés à un candidat. Le format doit surtout servir cette clarté de compréhension pour le lecteur.

 

Se débarrasser de ces fausses idées reçues, et de bien d’autres non évoquées ici, doit permettre aux candidats et aux entreprises de réaliser le véritable objectif en matière de recrutement : trouver la meilleure adaptation entre un poste et un candidat dans le contexte d’une entreprise. C’est aussi le rôle des professionnels du secteur que de faire preuve de pédagogie et de rétablir la vérité.