Le viril « Allez les gars faut y aller ! » ne suffit pas pour motiver une équipe. Ni dans le sport, ni ailleurs. La motivation ne se décrète pas, elle se cultive. 

Individualiser

Les uns sont très sensibles à la reconnaissance, au service rendu, à la valorisation, d’autres sont très compétiteurs. D’autres encore ont besoin d’alterner les deux en fonction des missions et des cycles de vie de l’entreprise, de leurs expériences etc. L’une des clés est d’individualiser les leviers de motivation pour comprendre à quoi « marche » un collaborateur. Les comparaisons à l’autre peuvent soit bloquer et stresser les uns ou, à l’inverse révéler des personnalités. Un manager doit prendre le temps de comprendre la personne avec laquelle il travaille. Un temps nécessaire, si on ne veut pas passer complètement à côté de la valeur des individus.

Intra versus extra

L’autre clé est de distinguer les motivations intrinsèques et extrinsèques du travail. Tout ce qui relève de l’extrinsèque, à savoir la valorisation salariale, les récompenses ou les remerciements mais aussi la sanction, est la plus visible et la plus facile à manier pour motiver son équipe ou une personnalité. Tout ce qui relève de l’intrinsèque renvoie au plaisir et à l’intérêt de faire ce travail/métier plutôt qu’un autre. Les deux dimensions ne s’annulent pas, elles se nourrissent l’une l’autre. On oublie trop souvent la dimension plaisir de faire son métier. Réfléchir au sens même du travail n’est pas option.

Anticiper

Construire un modèle managérial en amont, peut s’avérer très efficace quand on monte une équipe Quelles personnalités peuvent porter un projet précis ? Doit-on miser sur des performeurs individuels, compter sur l’intelligence collective, émotionnelle ? Enfin, tout ce qui fait la motivation (l’engagement, l’intensité et la persévérance) est un ensemble de comportements/attitudes qui nous pousse à bouger. On bouge par besoin et par désir. Deux notions encore très imprécises surtout en entreprise.

benjamin-roche

Bio express

Parallèlement à une carrière dans le sport de haut niveau en tant que joueur, coach, créateur de centres de formation et d’accompagnement des managers sportifs (notamment Rennes Volley 35, Paris Volley), Benjamin Roche s’est engagé dans l’enseignement et la recherche en psychologie de la performance : motivation, émotion, dynamique de groupe, relation manager/managés (Université Rennes I, Université Rennes II, ENS Rennes, Université Paris XIII). Il dirige aujourd’hui les agences du Grand-Ouest à Nantes et Rennes.