Depuis que vous êtes arrivé à votre poste, un constat s’impose : entre les arrivées, les départs et les transferts en interne, vous avez franchement l’impression que tout le monde s’est lancé dans une valse au rythme infernal… De l’intérieur, c’est du moins l’image que donne le turn-over que subit l’entreprise. Mais ce turn-over doit-il vous inquiéter pour la santé de la société ou au contraire est-ce l’occasion d’entrer à votre tour dans la danse afin de lancer votre carrière ? Réponse sur un rythme en trois temps.

Comprendre le turn-over

Avant toute chose, essayons d’éclaircir le concept de turn-over de manière simple : mieux vaut comprendre les règles du jeu avant de se lancer à son tour. Ce que l’on nomme turn-over ou – pour les anglophobes – rotation de l’emploi, est un indicateur qui permet d’évaluer la rotation des effectifs d’une entreprise.

Si vous aimez les calculs, voici la recette pour évaluer le taux de turn-over chez vous : sélectionnez une période au choix (un mois, un trimestre, une année…), faites la somme des départs et des arrivées puis divisez cette somme par deux. Mais ce n’est pas tout puisqu’il faut encore diviser ce chiffre par le nombre d’employés au sein de la société au départ de la période choisie. Vous avez perdu le fil ? Un petit exemple devrait faire l’affaire :

La société X emploie 100 personnes au début de l’année 2014 ; 18 salariés ont été embauchés au cours de l’année tandis que 10 départs sont à noter. Ce qui nous fait donc le calcul suivant :

(18+10)/2 = 14/100 = 0,14

Soit un taux de turn-over de 14 %, ce qui reste plutôt acceptable d’un point de vue purement comptable.

Le turn-over, c’est un bon point ou non ?

Voilà une excellente question et je me remercie de l’avoir posée. Effectivement, maintenant vous êtes en mesure d’annoncer fièrement le taux de turn-over de votre entreprise à vos collègues/employés mais que vaut vraiment cette information ? En fait, le taux de rotation des effectifs d’une société est un indicateur assez évasif qui peut pointer de nombreux défauts et tout autant de qualités…

Déjà, on constate des taux très importants dans les sociétés de secteurs dynamiques et concurrentiels comme l’informatique : techniciens et cadres sont souvent sollicités par les concurrents qui font monter les enchères. D’ailleurs, le taux de chômage de la branche influe puisqu’un salarié acceptera plus sûrement de rester en poste si les chances de trouver un emploi sont réduites. Résultat, SSII et autres agences web changent souvent de visage pour le meilleur comme le pire et ce ne sont pas les seules entreprises à subir cette valse continuelle.

On présage d’ailleurs une augmentation du turn-over à l’avenir : fini le travail « à la papa » où l’on s’installe durablement dans une entreprise, les nouvelles générations sont plus nomades et se prêtent avec plus de plaisir à cette valse qui accompagnera plus d’une carrière. Et au vu des à priori de la génération Z (la cyber-génération) sur le monde du travail, il va falloir cravacher pour garder un profil intéressant dans le giron de son entreprise.

De nombreux éléments internes font également rester ou fuir les talents à l’image du management, des conditions de travail et du salaire proposé qui font partie des éléments les plus importants et permettent à l’entreprise d’attirer les meilleurs candidats et de les garder ou, au contraire, de les faire fuir aussi sûrement. Autant de points qu’il faut prendre en considération dans sa politique de recrutement et de RH.

Profiter du turn-over, c’est possible (et conseillé)

Encore une fois, oubliez le bon vieux temps où un salarié faisait sa carrière dans une entreprise et qu’un taux de rotation élevé reflétait bien souvent une mauvaise santé humaine ou financière : puisque ce jeu des chaises musicales à grande échelle est devenu la norme, il faut suivre le rythme et entrer dans la danse en profitant des opportunités.

Si un employé sur le départ est rarement une bonne chose (à moins que ce départ soit de votre fait), il faut y voir la chance de recruter celui ou celle qui apportera son talent et un peu de nouveauté au sein de votre entreprise. Pour cela, il faut savoir anticiper et le cas échéant faire appel à un cabinet de recrutement qui pourra procéder à une analyse régulière du marché de l’emploi.

En tant qu’entrepreneur ou responsable RH, il est possible de mettre en place les bons outils pour attirer les talents et bénéficier de leur expertise aussi longtemps que possible. Pensez à revoir les conditions de travail, les perspectives de carrière ou les méthodes de management et vous aurez déjà de bons atouts dans votre manche pour gagner quelques parties dans ce jeu de chaises musicales grandeur nature.