Certes, ils n’arborent pas la tenue distinctive bien connue, et pourtant, dans certaines entreprises, dans bien des équipes, se regroupent des gilets jaunes. Et c’est un immense bienfait…

Mais qui sont ces gilets jaunes qui occupaient des ronds-points, qui en occupent encore ?

Autant des femmes que des hommes… des gens d’extrême droite et des gens d’extrême gauche, surtout des apolitiques… des jeunes et des vieux… des actifs, des retraités et des chômeurs… des citadins et des ruraux… des artisans et des agriculteurs… des patrons de PME et des mères de famille…

Qui ne se ressemble pas s’assemble !

Et que veulent-ils ? L’abolition d’une taxe, des augmentations de salaire, moins d’inégalité et plus de justice sociale, des fins de mois moins difficiles et qui ne précipiteraient pas la fin du monde ? Sûrement. Mais ces revendications plus ou moins satisfaites, c’est assuré, ils en inventeront de nouvelles, l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne, et d’autres encore, toujours plus… parce que ce qu’ils veulent, ce qu’ils veulent désormais profondément, c’est rester ensemble, sur leur rond-point ou ailleurs, mais ensemble.

Parce qu’ils sont divers et rassemblés, ensemble, ils ont vécu une forme de vraie vie, des échanges chaleureux avec des inconnus d’hier, des gestes d’entraide, des solidarités agies, des joies et des chagrins, des rencontres… surtout des rencontres ! Dans ces villages où les bistrots ont été un à un fermé, dans ces villes sans autres lieux de vie que les supermarchés, des liens se sont créés. Que nul ne veut rompre.

Ne croyez pas qu’ils ont sacrifié les joies de la famille pour réveillonner sur leur rond-point, et surtout pas pour porter leurs revendications. S’ils ont choisi de rester ensemble la nuit de Noël, dehors, c’est pour vivre un Noël sans pareil, une nuit fraternelle, la vraie vie dirait-on, une vie de haut niveau.

Car c’est bien de niveau de vie qu’il s’agit, pas seulement de pouvoir d’achat.

Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires

On nous prend faut pas déconner dès qu’on est né
Pour des cons alors qu’on est
Des… foules sentimentales

Alain Souchon

« Une rémunération motivante, composée d’un salaire fixe et d’un intéressement saura vous impliquer pleinement… ». Un salaire peut être attractif. On le met alors en avant dans nos annonces. Mais ce qui liera plus qualitativement nos collaborateurs, c’est le niveau de vie dans nos équipes, le niveau des échanges, de solidarité, de considération, d’autonomie, d’écoute… Il est si douloureux de quitter un groupe où se sont noués des liens interpersonnels chaleureux, vrais… vivants. Autant que de quitter un rond-point !

Imaginez… Imaginez une équipe dont tous les membres auraient décidé pour Noël de réveillonner entre eux, sur le parking de l’entreprise !